L'université des va nus pieds

En Inde, en Afrique et dans tous les pays en voie de développement les femmes possèdent une influence énorme dans la société et plus particulièrement dans leurs communautés, c’est par elles que passe le développement de leurs villages.

Au Rajasthan, une école extraordinaire apprend aux gens des campagnes, pour la plupart des femmes illettrées à devenir spécialiste en énergie solaire, artisans, dentistes et médecins dans leur propre village. Elle s'appelle le Barefoot College - l'Université sans chaussures -

Créée par Bunker Roy à Tilonia (Rajasthan Inde) en 1972, il lance en 2007 le programme des « solar mamas » puis crée en 2015 un autre campus à Zanzibar.

La formation au photovoltaïque des « solar mamas » se fait en 6 mois. Il a fallu d’une part démystifier les techniques et montrer qu’il n’était pas nécessaire de faire de longues études pour fabriquer, installer et faire la maintenance de ces équipements. Les traditions sont fortes au Rajasthan. En effet les femmes Rajput sont toutes liées par le Purdah, une ségrégation imposée entre les sexes qui leur interdit de quitter leurs maisons et en pratique empêche les hommes de voir les femmes (qui doivent porter le voile). Le fait de pouvoir faire des études a été perçu comme un grand pas pour la libération de la condition féminine.

Originaires de plus de 72 pays, les femmes qui étudient retournent dans leurs villages pour mettre en œuvre ce qu’elles ont appris. le Barefoot college estime avoir équipé plus de 1600 villages grâce au photovoltaïque et a apporté de l’électricité à plus de 600.000 personnes.
De plus 260 docteurs ont été formés pour soigner la plupart des affections classiques.

L’université s’applique les mêmes principes qu’elle professe : autonomie énergétique, récupération de l’eau de pluie afin de gérer les ressources en eau, autogestion, respect de l’égalité entre tous ses membres.

Voir la vidéo Le barefoot College Inde

barefoot1a        Installation de capteurs solaires en Inde

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Transport de cellules photovoltaiques au Tibet

JMA                                                

 

 

 

 

 

Le Bhoutan, petit royaume de 750.000 âmes niché au cœur de l’Himalaya est aujourd’hui connu pour le Bonheur national Brut (B.N.B).

Derrière l’histoire romantique d’un roi souhaitant le bien être de son peuple se trouve l’élaboration technique d’un modèle de développement alternatif avec son indice et ses critères d’évaluation.

Toutes les politiques publiques du pays avant d’être adoptées doivent être soumises à un test de compatibilité avec le bonheur national brut. Elles doivent avoir au minimum un effet neutre ou un effet positif dans chacun des domaines pour être jugée favorable au BNB. En cas d’impacts négatifs ou incertains elle est estimée incompatible avec la philosophie du pays. Ainsi le Bhoutan n’a pas rejoint l’OMC car incompatible avec la philosophie nationale.

En quelques décennies le pays a fait un gigantesque bond en terme de développement : constructions d’infrastructures en 1962 puis en 1971 priorité à l’éducation et au développement rural. Ce n’est qu’au cours des années 2000 que la notion de BNB est théorisée par le Centres d’Etudes Bhoutanaises. Allant de 0 à 1 cet indice est censé mesuré le bonheur de la population.

Tous les 5 ans une enquête nationale vise à mesurer le niveau de satisfaction des Bhoutanais. L’indice est ainsi passé de 0.743 en 2010 à 0.756 en 2015.

Selon M. Tshering, habitant de Thimphu capitale du Bhoutan

« Le BNB est un chantier en construction, cela nous a vraiment aidé dans nos politiques de développement. Au moins nous avons une idée de la direction que nous voulons prendre ».

A quand en France un gouvernement prônant la politique du BNB ?

JMA  2016   Extraits d’un article écrit par Hélène Ferrarini sur Socialter avril 2016.

Hélène Ferrarini, journaliste, a participé au débat des journées découverte en novembre 2015 qui a suivi la projection du film « Sacrée croissance ».

Voir l'article complet sur www.socialter.fr

« Le prix Nobel de la paix attribué le vendredi 10 octobre 2014 à Kailash Satyarthi – récompensé aux côtés de la jeune Pakistanaise Malala Yousafzai – a surpris l’intéressé comme l’ensemble des Indiens qui ne le connaissent guère. Agé de 60 ans, il apparaît comme un militant discret de la lutte contre le travail des enfants, un fléau qui est encore loin d’avoir disparu en Inde et qui entache son image de pays émergent candidat au statut de grande puissance.

 Né dans l’état du Madhya Pradesh (centre de l’Inde), M.Satyarthi est un ingénieur électricien de formation. Il dirige depuis 1980 l’ONG qu’il a fondée,  Bachpan Bachao Adalan (« Mouvement pour sauver l’enfance »), mobilisée pour arracher les enfants aux griffes du travail forcé. Il aurait ainsi sauvé 82 000 enfants de l’exploitation, selon les chiffres fournis par l ‘ONG.

 Disciple de Gandhi, M.Satyarthi est également coutumier des marches visant à sensibiliser le public à sa cause. La réalité du travail des enfants a toujours été une source d’embarras pour l’Inde dans les forums internationaux, notamment dans les débats autour de la Convention des Nations-unies sur les droits de l’enfant (1989).

New Delhi a ratifié ce document en 1992, mais en l’assortissant d’une clause affirmant que la fixation d’un âge minimal pour le travail des enfants n’était « pas praticable » au regard des conditions socio-économiques alors en vigueur dans le pays.

Des progrès s’observent cependant puisqu’un projet de réforme, initié il y a deux ans, tient pour « illégal » tout travail des enfants de moins de 14 ans et proscrit celui de la tranche 14-18 ans dans des activités « dangereuses ».

Le durcissement de la réglementation a permis de faire chuter le nombre des enfants employés (entre 5 et 14 ans) de 12,5 millions à 4,9 millions selon les chiffres officiels de New Delhi. Mais selon les experts, ces chiffres sont sous-évalués et on constate que 43 millions d’enfants (5-14 ans) ne sont enregistrés ni dans un emploi, ni à l’école, ce qui fait d’eux un réservoir de travailleurs potentiels ou déjà bien réels. »

 d’après Le Monde du 18-10-2014  JF Caperan

La population indienne a augmenté de 17,6% entre 2001 et 2011 pour atteindre 1,25 milliard. Elle devrait dépasser la population chinoise d'ici 20 ans.

Une nouvelle politique de contrôle des naissances a été formulée en 2012 : plutôt que d'informer les femmes sur toutes les méthodes de contraception et sur les conséquences de la stérilisation les autorités indiennes ont préféré stériliser en masse. La stérilisation représente ainsi 70% des cas de contraception contre 2% pour les hommes !. La moyenne mondiale est de 32%.

 Ces opérations, souvent de masse, se déroulent généralement à la chaîne ,dans des conditions sanitaires effroyables : parfois dans des champs, des bâtiments abandonnés . Pour récupérer, les femmes sont laissées parfois inconscientes sur le sol ou dans des champs .

 L'inde persiste dans cette politique désastreuse et meutrière au lieu d'analyser les autres causes du taux élevé de natalité : mortalité infantile, mariage précose, préference pour le garcçon à la naissance ( probléme de la dot) et absence de sécurité sociale.

D'après Le monde 2014  F Kay

L’écrivain malien, Moussa Konaté, est mort le 30 novembre 2013 à Limoges.

Né en 1951 à Kita, au Mali, il avait dirigé le Centre d’expression et de recherche théâtrales et musicales de Bamako puis fondé les éditions Le Figuier dans cette même ville. Boursier du Centre national du livre, il avait été admis en résidence d’écriture au festival international des Francophonies à Limoges en 1990. Il avait ensuite dirigé à partir de 2001 et pendant 10 ans avec Michel Le Bris le festival « Étonnants voyageurs » à Bamako, au Mali. Le prix Sony Labou Tansi 2005 pour le théâtre francophone lui avait été attribué par le festival des Francophonies pour sa pièce « Un appel de nuit ».

Depuis les années 90, il résidait en Limousin où il avait créé la maison d’édition « Hivernage ».

A la suite de la lecture de son roman « L’empreinte du renard », paru en 2006 chez Fayard, nous l’avions rencontré et proposé de participer au débat qui suivait le film « la bataille de l’uranium » lors des journées découverte en novembre 2011. Il avait à nouveau participé aux journées en 2012 au travers de la vente de certains de ses ouvrages. Et il nous avait proposé des articles sur le Mali actuel, pour « Namasté », la publication de notre association.

Souriant et généreux, il faisait partie de ces intellectuels africains toujours prêts à s’engager sur le terrain, mais en même temps, lucide sur les difficultés à affronter sur leur continent. Nous le regretterons.