LOIN DE CHANDIGARH (Ed.Buchet-Chastel, 2005)  et HISTOIRE DE MES ASSASSINS (Ed.Buchet-Chastel, 2009) deux ouvrages de Tarun J TEJPAL.

Né en 1963, c’est un célèbre journaliste d’investigation indien, fondateur de l'hebdomadaire d'actualités Tehelka.

Engagé dans l'opposition, il a dénoncé des malversations au sein du gouvernement indien en 2001. Menacé de mort, Il a vécu sous protection plusieurs années. Il est l'éditeur du Dieu des petits riens d'Arundahti Roy.

Loin de Chandigarh

Le journaliste indien raconte son histoire d’amour passionné avec Fizz. Un jour, il découvre dans la maison qu’il a achetée des petits carnets écrits par une femme au début du siècle dernier. Le journaliste, cette fois-ci narrateur externe, raconte l’histoire de Catherine, américaine, exilée volontairement en Inde, pour suivre l’homme qu’elle aime et avec qui elle partage de nombreuses aventures érotiques. C’est dans ces fameux carnets qu’elle écrit ses expériences. Enfin, le journaliste reprend le cours de son histoire, dérouté par l’existence de ces carnets, responsables de la rupture avec Fizz… Lui, si absorbé par ses lectures a fini par perdre tout désir pour sa femme tant adorée.

Cela reste un livre captivant, foisonnant, avec des longueurs parfois sur les scènes érotiques, mais on n’en sort pas indemne.

Histoire de mes assassins

Ce livre met en scène un journaliste, comme Tejpal, qui enquête sur la corruption de son pays. Un matin, il apprend dans un flash info qu’il a échappé à cinq tueurs, immédiatement arrêtés par les autorités. Tandis que le procès se prépare, la maîtresse du journaliste, Sara, entre en contact avec ces assassins pour comprendre leur histoire et ce qui les a poussés à un tel acte. Dès le début, elle a l’intuition qu’ils sont innocents.

J’ai préféré ce roman au précédent car il permet de suivre l’itinéraire chaotique, difficile et plein de rebondissements de chacun des personnages et de comprendre de l’intérieur les difficultés immenses voire insurmontables que doivent affronter les jeunes indiens des castes inférieures pour s’en sortir. C’est une plongée infernale dans la violence souterraine et inouïe d’une société indienne bien loin des clichés exotiques véhiculés par l’imagerie occidentale sur ce pays. 

Jean François Caperan

 

La nuit de l’indigo de Satyajit RAY

S. Ray qui est né à Calcutta en 1921 a été très remarqué en portant à l'écran le roman de R.Tagore "Pather Panchali"  (la complainte du sentier) en 1955, "le salon de musique" est un de ses chefs-d’œuvre le plus connu.

 Ce sont onze petites nouvelles qui partent de la réalité d'une situation (un départ, une rencontre, un ami...) et petit à petit l'histoire bascule dans l’irréel ou (peut-être) la découverte d'un passé lointain ou d'un futur 

en devenir.

Les descriptions sont proches d'un tableau et l'on sent toute la précision du cinéaste derrière chaque histoire.

      J'ai souvent pensé à Edgar Poe ou Conan Doyle avec cette touche particulière de l'âme bengalie.

  Brigitte Puxel