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« Le prix Nobel de la paix attribué le vendredi 10 octobre 2014 à Kailash Satyarthi – récompensé aux côtés de la jeune Pakistanaise Malala Yousafzai – a surpris l’intéressé comme l’ensemble des Indiens qui ne le connaissent guère. Agé de 60 ans, il apparaît comme un militant discret de la lutte contre le travail des enfants, un fléau qui est encore loin d’avoir disparu en Inde et qui entache son image de pays émergent candidat au statut de grande puissance.

 Né dans l’état du Madhya Pradesh (centre de l’Inde), M.Satyarthi est un ingénieur électricien de formation. Il dirige depuis 1980 l’ONG qu’il a fondée,  Bachpan Bachao Adalan (« Mouvement pour sauver l’enfance »), mobilisée pour arracher les enfants aux griffes du travail forcé. Il aurait ainsi sauvé 82 000 enfants de l’exploitation, selon les chiffres fournis par l ‘ONG.

 Disciple de Gandhi, M.Satyarthi est également coutumier des marches visant à sensibiliser le public à sa cause. La réalité du travail des enfants a toujours été une source d’embarras pour l’Inde dans les forums internationaux, notamment dans les débats autour de la Convention des Nations-unies sur les droits de l’enfant (1989).

New Delhi a ratifié ce document en 1992, mais en l’assortissant d’une clause affirmant que la fixation d’un âge minimal pour le travail des enfants n’était « pas praticable » au regard des conditions socio-économiques alors en vigueur dans le pays.

Des progrès s’observent cependant puisqu’un projet de réforme, initié il y a deux ans, tient pour « illégal » tout travail des enfants de moins de 14 ans et proscrit celui de la tranche 14-18 ans dans des activités « dangereuses ».

Le durcissement de la réglementation a permis de faire chuter le nombre des enfants employés (entre 5 et 14 ans) de 12,5 millions à 4,9 millions selon les chiffres officiels de New Delhi. Mais selon les experts, ces chiffres sont sous-évalués et on constate que 43 millions d’enfants (5-14 ans) ne sont enregistrés ni dans un emploi, ni à l’école, ce qui fait d’eux un réservoir de travailleurs potentiels ou déjà bien réels. »

 d’après Le Monde du 18-10-2014  JF Caperan

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